Corps afrodescendants, désir, liberté : la réappropriation commence ici

Dernière mise à jour : 1 sept.

Se réapproprier son corps, son désir et sa sexualité, ce n'est pas un slogan : c'est un acte de liberté. Une posture féministe. Pour beaucoup de femmes, et particulièrement des femmes afrodescendantes, ce chemin, commence par une prise de conscience simple : pendant longtemps, le corps des femmes a été regardé, commenté, contrôlé... mais rarement écouté.
SE RÉAPPROPRIER SON CORPS, SON DÉSIR ET SA SEXUALITÉ concrèTEMENT
Se réapproprier son corps, c'est retrouver un espace où l'on peut sentir, comprendre et choisir.
Se réapproprier son désir, c'est reconnaître ce qui nous fait du bien, ce qui ne nous fait pas du bien, et l'assumer.
Se réapproprier sa sexualité, c'est sortir des attentes extérieures pour revenir à une expérience intime qui nous appartient.
La réappropriation, c'est cela : revenir à Soi.
Revenir à ses sensations, à ses besoins non exprimés, à sa vérité intime.
Le corps des femmes entre image imposée et ressenti aseptisé
L'image que l'on a de son corps influence tout : la façon dont on se laisse toucher, dont on se montre, dont on se détend.
Quand le corps est vécu comme un terrain de jugement, l'intimité devient un espace de tension plutôt qu'un espace de plaisir.
Les normes de beauté, les injonctions sociales, les représentations médiatiques - souvent éloignées des réalités des corps afrodescendants - peuvent fragiliser le sentiment de légitimité à se sentir belle, désirable ou simplement digne de plaisir.
Retrouver une relation sereine avec son corps, c'est réapprendre à le sentir plutôt qu'à le surveiller. C'est passer de l'image de soi au vécu conscientisé.
Le désir : un processus, pas un réflexe conditionné !

Le désir féminin n'est pas un élan magique.
C'est un processus qui se construit, se transforme, se réveille ou s'apaise selon l'histoire de chacune, la maturité émotionnelle, la charge mentale, la relation à Soi à l'Autre, le contexte de vie ; célibat, en couple conventionnel, polyamour, etc.
Identifier son désir, c'est écouter les micro-signaux du corps : détente, curiosité, fermeture, tension. Le corps dit sa vérité avant les idées.
Et apprendre à dire ce que l'on veut - ou ce que l'on ne veut plus - demande à construire une légitimité que beaucoup de femmes n'ont jamais reçue.
Culture, transmission et récits hérités
L'éducation, les cultures ancestrales et principes religieux de même que les non-dits familiaux façonnent profondément le rapport au corps des femmes et à la sexualité.
Ce qu'on ne dit pas, ce qu'on interdit, ce qu'on enferme, ce qu'on juge, laisse des traces.

Pour les femmes afrodescendantes, les représentations du corps et de la féminité ont historiquement été hypersexualisées, contrôlées ou invisibilisées. L'erreur serait de restreindre son regard : c'est bien le corps de la Femme, la condition faite aux Femmes à travers l'histoire coloniale hier, les médias, la publicité aujourd'hui et l'IA demain qui est le véritable problème.
Ce sont les discours, les récits extérieurs qui compliquent la possibilité de se sentir libre dans son corps.

La réappropriation passe alors par la mise à distance de ces héritages et la création de nouvelles représentations, plus justes, plus douces, plus dignes qui s'appuient sur la conscientisation de la diversité des corps à tous les âges de la vie des femmes.
Par où commencer quand on ne se sent pas encore connectée à Soi ?

Par des gestes simples.
Respirer en conscience.
Toucher son corps sans objectif.
Observer ce qui se passe.
Créer des moments où l'on n'a rien à prouver.
Se donner la permission d'aller lentement.
La re-connexion n'est pas une performance : c'est une exploration.
Un message pour celleS qui ont longtemps vécu leur sexualité à travers les attentes des autres
Votre corps et votre sexualité vous appartiennent.
Vous avez le droit de les réinventer, de les ralentir, de les redéfinir. Et ce, tout au long de votre vie de femme. Rien n'est figé !
Ce que vous ressentez n'a pas besoin de ressembler à ce que les autres attendent.
Une femme pleinement reconnectée à son corps et à sa sexualité

C'est une femme qui se sent chez elle dans son corps.
Qui sait ce qu'elle veut, ce qu'elle ne veut plus et qui l'exprime sans se trahir.
Une femme dont la sexualité est un choix éclairé, pas une performance.
Une femme qui se vit, enfin, pour ELLE.
--- By Isabelle Gace, Sexologue clinicienne




Commentaires